POST-UBÉRISATION. RENCONTRE AVEC XXE.

SOTØ a discuté avec XXE, une plateforme de mise en relation entreprise-freelance du numérique qui a pour ambition de lutter contre l'ubérisation des freelances. Un intermédiaire qui veut désintermédier, le paradoxe valait l'interview.

SOTØ : Pourquoi avez-vous décidé de lancer une nouvelle plateforme de freelances ? Une de plus, pourrait-on presque dire… En quoi XXE innove par rapport aux modèles de plateforme traditionnel ?
XXE :
XXE est la première plateforme qui casse les codes de l’intermédiation en proposant des missions sans intermédiaire et sans commission. On ne veut pas que les travailleurs indépendants soient uberisés. Les experts du numérique ne sont pas des salariés déguisés, ils méritent des missions de qualité payés à un TJM décent et une intégration plus humaine dans les entreprises. De nombreux acteurs sur le marché se font de l’argent sur le dos de l’indépendant sans apporter de réelle valeur ajoutée sur le marché. On se place dans une logique de post uberisation et on veut vraiment être acteur du changement et proposer de nouvelles formes de prestation.

30 plateformes qui font de l’intermédiation avec une marge entre 5 et 15%...
...Et une de plus certes mais qui desintermedie totalement la relation Freelance <-> client sans aucune commission et propose de nouvelles solutions vraiment innovantes... c’est mieux, non? ☺

De plus, on vient de sortir justement un nouveau service unique en France qui on l’espère va révolutionner l’accès à l’expertise. Rattaché à la plateforme XXE, Yellow Angels offre la possibilité aux entreprises de recevoir des conseils business d’indépendants qui sont facturés à la minute. L’expert doit choisir son Taux Minute (TMM) afin de recevoir sa rémunération. Ce service peut représenter pour eux un bon complément de revenu, mais c’est surtout un outil qu’ils peuvent utiliser pour facturer leur avant et après-vente. On sait que de nombreux freelances passent beaucoup de temps à conseiller des clients sans forcément avoir de missions derrière ! Il était de temps de trouver une solution à ce problème !

Yellow Angels peut intéresser aussi de nombreux slashers pour avoir une seconde activité indépendante quelques minutes par jour ou par semaine. Tout le monde a une expertise, et de plus en plus de salariés sont en quête d’indépendance. Un bon moyen de gagner en revenu et en confiance avant de se sortir pour de bon du côté obscur du salariat ! ☺

SOTØ : On critique beaucoup les plateformes en ce moment : les prix et la qualité sont tirés vers le bas, déshumanisation etc… Qu’en pensez-vous chez XXE ?
XXE :
Oui les critiques reviennent souvent, et elles sont justifiées. Certains métiers, par exemple celui de graphiste, souffrent d’une offre plus importante que la demande et on assiste à une concurrence malsaine et une descente aux enfers des TJM. Certains freelances boycottent carrément les plateformes car elles n’ont pas apporté beaucoup de missions. D’autres passent en direct sur LinkedIn après une première prise de contact sur la plateforme pour éviter de payer la commission. 

Le mieux est de bien sûr mettre son réseau et son bouche à oreille au premier poste, c’est d’ailleurs celui qui vous ramènera vos premières missions. Mais il faut aussi se mettre dans la tête du client. Et où va un client qui souffre en ce moment d’une véritable pénurie de talent dans les métiers du numérique ? Ils font avant tout leurs recherches sur les plateformes freelance. C’est pourquoi il est quand même important d’avoir recours à ces plateformes, pour améliorer sa visibilité. Mais encore faut-il que la plateforme pense à vous !
Quelque chose nous a choqué en arrivant sur le marché : on est presque les seuls sur notre site web à nous adresser à la fois au client et au freelance. La plupart des autres plateformes ont choisi de s’adresser seulement aux entreprises, reléguant l’indépendant à une simple ressource externe.

Mais le freelance doit être mis en avant, car c’est lui qui apporte l’expertise !

On a créé une plateforme qui soit à la fois simple et efficace des deux côtés. L’entreprise peut très vite trouver des freelances de qualité dans un référentiel de plus de 850 compétences et les contacter directement ou poster des projets. Le freelance de son côté peut choisir une fourchette de prix pour être flexible dans son TJM selon les missions, peut postuler à des projets en solo ou en collectif, se construire un réseau de confiance de clients et indépendants.

Enfin on essaye d’engager les deux parties dans nos communications, notre blog et nos événements car les freelances et entreprises ont besoin l’un de l’autre, mais ne savent pas encore bien travailler ensemble. Et d’organiser des rencontres entre eux mais aussi entre nous avec l’équipe XXE, car c’est important de mettre un visage derrière un projet, surtout quand c’est une plateforme. Et que de nombreux freelances nous aident depuis le début avec leurs retours précieux pour développer notre service.

Notre objectif ultime, un peu utopiste pour certains, c’est de créer une entreprise étendue : un collectif hybride fait de salariés et de freelances qui travaillent, se comprennent, et amènent leurs expertises complémentaires pour innover ensemble sans limite. 

SOTØ :  « Tu vas aimer travailler » ça te fait penser à quoi ?
XXE :
A la liberté tout simplement. Qu’on soit freelance ou salarié, on passe la majeure partie de notre temps au travail, donc il est de notre devoir à tous de le rendre plus enrichissant, plus vibrant, plus humain. 
Je rêve d’une société où on a plus honte de dire qu’on aime son boulot. Actuellement avec le climat morose en France il est plus facile d’avouer son burn out que son bien-être au travail. Quand tu t’entends bien avec tes collègues ou que tu décides de travailler quand tu veux on se moque gentiment en disant que tu fous rien. C’est désespérant. Il faut que la société change de mentalité !
Les managers doivent apprendre la collaboration avant la hiérarchisation, les salariés doivent réapprendre la motivation et la flexibilité au travail,  et les indépendants doivent pouvoir vivre de leur passion.

Finalement le travail, peu importe le statut. C’est une question d’expertise, d’expérience. Nous le futur, on le voit comme ça : on opposera plus comme maintenant les freelances d’un côté et les salariés de l’autre. Chacun pourra travailler comme il le souhaite, dans un open space ou à la maison, et pourra switcher du statut indépendant ou salarié sans franchir un parcours du combattant.
Plus d'infos : https://www.xxe.fr

johann ouaki